La compassion est avant tout une affaire de cœur et un sentiment spontané de bienveillance envers quelqu’un, comportant des éléments intuitifs et affectifs. La compassion ne devrait pas être une morale complaisante, c’est une vertu qui relève de la solidarité, parfois de faire appel à une solidarité de résistance collective bien comprise. La compassion , selon la morale généralement admise, s’adresse en principe à l’état de celui ou celle qui est à plaindre.
Si la compassion peut faire agir ensemble au profit de tous, la négation de ce que vit l’autre rend craintif et peureux de sa propre souffrance. Parfois la compassion, devient même une peur de la réaction de soi-même et des autres, à tenir en compte avec précaution et raisonnement.
Il n’est rien de plus lourd que la compassion. Même notre propre douleur n’est pas aussi lourde que la douleur ressentie avec un autre, pour un autre, à la place d’un autre, multipliée par l’imagination prolongée dans des centaines d’échos selon Milan Kundera.
Selon Wikipédia, la compassion naît (du latin : cum patior, « je souffre avec » et du grec συμ πἀθεια , sym patheia, sympathie), elle est la capacité humaine avec laquelle un individu est porté à percevoir ou ressentir la souffrance d’autrui, et être poussé à y remédier. La compassion revient à ressentir la souffrance de l’autre, animé d’une intention d’amour. Il existe souvent une confusion entre pitié (sentiment) et compassion (vertu).
Pour le Dalaï Lama (considéré comme la réincarnation de Tchenrézi, le bouddha de la compassion), la compassion se décline en trois niveaux : le premier consiste en la capacité de voir l’autre comme un autre soi, le deuxième dans la capacité de s’échanger avec autrui pour mieux comprendre la réalité de ses souffrances, notamment par le processus de la visualisation. La troisième consiste à considérer l’autre comme plus important que soi, aboutissant à la Grande compassion qui consiste en toute situation à prendre la perte pour soi et à offrir le gain à autrui.
La compassion dans le christianisme, évoque un sentiment de pitié et de fraternité humaine, qui nous incite à effectuer des actes de charité et donc à secourir notre prochain dans une relation parfois moralisante.
La notion de compassion dans l’Islam est essentiellement représentée par le concept de Zakâh qui veut que tout bon musulman se doit de faire preuve de charité et d’attention envers les pauvres.
C’est une question importante pour le judaïsme, qui souhaite voir s’établir une société fondée sur la justice. La compassion serait donc aussi la justice.
Généralement, le bouddhiste considère les souffrances des autres comme plus importantes que les siennes. L’existence humaine, signifie souffrance, les humains sont limités par leur corps physique, ils doivent supporter le vieillissement, la maladie et la mort. En élevant constamment leurs règles de conduite et en développant leur compassion, les bouddhistes espèrent mettre un terme à la souffrance terrestre.
Y a-t-il du plaisir dans la compassion ? Où il y a pitié, il n’y a pas de plaisir affirment certains moralistes. On peut être enchanté du plaisir de faire plaisir répond un anonyme athée. Enfin, le sage poursuit, l’absence de douleur et non le plaisir, nous enseigne Aristote.
Alors compassion, vertu, plaisir ou pitié ? Ce sera selon votre juste appréciation de ce qui précède ? A vous de choisir selon votre libre arbitre ou votre croyance !